Info pratique

CET ENFANT

Texte et mise en scène de Joël Pommerat

 avec Saadia Bentaïeb, Agnès Berthon, Lionel Codino, Ruth Olaizola, Jean-Claude Perrin, Marie Piemontese

 

Théâtre des Bouffes du Nord

Direction Micheline Rozan - Peter Brook

Location :

01 46 07 34 50

www.bouffesdunord.com

 

Métro : La Chapelle (ligne 2)

 

Du mercredi 21 mars

au samedi 14 avril 2007 à 21 h

Matinées les samedis à 15 h 30

Relâches les dimanches et lundis

    Durée : 1 h 05

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Vendredi 27 avril 2007
je suis heureux de vous annoncer que le blog a depassé les 1000 visiteurs unique.
par Cie Louis Brouillard publié dans : cet-enfant
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Mercredi 18 avril 2007
je n'ai pas trop le temps d'ecrire en ce moment mais en tous cas la reprise c'est merveilleusement bien passé. merci à vous lecteurs,spectateurs, il n'y aura pas eu beaucoups de commentaires, c'est mon seul regret.
n'oublier pas de voté dimanche pour qui vous desirez et a bientot pour des news sur la compagnie
par Cie Louis Brouillard publié dans : cet-enfant
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Jeudi 5 avril 2007
Chronique

Défaites de famille

Qui a jamais cru que l’amour maternel, paternel allait de soi, et l’amour filial de même ? A ceux-là, l’admirable Cet enfant, de Joël Pommerat, retournera les sangs. Dans l’ancestrale et archaïque pénombre des Bouffes du Nord, où l’auteur-metteur en scène et sa troupe sont pour trois ans en résidence, une jeune mère épuisée, déprimée, comme abandonnée sur le plateau nu, écoute la voix off coquettement compatissante de sa maman. « Tu es grise ma fille. Ça me fait tellement de mal de te voir comme ça. » S’ensuit la litanie des avertissements et sous-entendus qui tuent : « Tu crois que tes enfants vont aimer grandir avec cette image de leur mère que tu leur proposes ? Même ton mari ne pourra pas toujours se passer de lumière. Vois le regard qu’il porte autour de lui. Moi, en tout cas, cela me gêne énormément. D’abord parce que c’est ton mari et puis ensuite parce qu’il pourrait être mon fils... » Et la fille de s’excuser – « pardonne-moi maman, j’ai toujours fait mon maximum pourtant » – et la fille d’encaisser, de tomber encore plus bas.
D’autres courtes séquences suivent, aussi terribles. La jeune paumée enceinte qui attend le salut de l’enfant à naître, puis le donne à peine né à des voisins de palier ; l’adolescent qui insulte le père chômeur ; des mères célibataires qui vont reconnaître à la morgue le corps d’un gamin fugueur, leur fils peut-être ; une petite fille de parents divorcés qui ne veut plus voir son père ; une mère dépressive qui supplie son petit garçon de ne pas aller à l’école pour rester avec elle ; une autre qui s’excuse des années après d’avoir été trop dure...
Pour trouver des mots qui cognent et ébranlent si violemment le spectateur, Joël Pommerat a recomposé les paroles recueillies auprès des habitants d’une cité, à Hérouville-Saint-Clair. La commande lui venait de la Caisse d’allocations familiales du Calvados. Et, magistralement, l’homme de théâtre plasticien, bien plus esthète que travailleur social, a fait de ces témoignages œuvre d’art. Parce qu’il ne cherche jamais ni plat réalisme, ni convenue vraisemblance – les enfants sont par exemple joués ici par des adultes, sans que cela trouble le spectateur –, parce qu’il donne juste à entendre la matière sonore brute des mots – encore relevée par les compositions jazzy de six musiciens live en fond de scène –, Joël Pommerat invente un théâtre-vérité complètement onirique.
Sur la scène toute en clairs-obscurs que n’aurait pas reniés Rembrandt, des comédiens opaques, terriens, paysans, empoignent les phrases et leur font cracher tout leur jus. Splendide et modeste travail d’interprètes-artisans que ce corps-à-corps radical avec la langue, qui en clarifie jusqu’aux barbaries secrètes, jusqu’aux silences. Ainsi Saadia Bentaïeb, Agnès Berthon, Lionel Codino, Ruth Olaïzola, Jean-Claude Perrin et Marie Piemontese ne nous taisent plus rien de la cruauté et de l’infinie perversité de tout lien familial. Que les mères et les pères désirent mystérieusement la mort des fils et des filles et réciproquement devient même soudain tragiquement lumineux, sous ces éclairages quasi psychanalytiques, devant ce mur de lumières incandescent derrière lequel s’agitent brièvement quelques mages musiciens...
De spectacle en spectacle, Joël Pommerat et sa bande excellent depuis dix ans à peindre et repeindre des gouffres familiaux réinventés par eux. Ils parviennent aujourd’hui à transfigurer jusqu’aux douleurs de la famille ordinaire.
 
4* Cet enfant, de Joël Pommerat, mise en scène de l’auteur, jusqu’au 14 avril, Théâtre des Bouffes du Nord, Paris 18e. Tél. : 01-46-07-34-50. Et le 3 mai à Lons-le-Saunier, Scène du Jura. Tél. : 03-84-86-03-03.
Fabienne Pascaud
Télérama n° 2986 - 7 Avril 2007

par Cie Louis Brouillard publié dans : cet-enfant
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Jeudi 5 avril 2007

Cet enfant

Joël Pommerat dénude jusqu’à la chair les liens de la parenté. Une pièce violente et poignante, qui touche juste et montre, sans jugement moral, l’inextricable complexité des rapports parents-enfants.

Un choc. Qui propage son onde au cœur du silence, bien après que les lumières de la scène se sont tues, et laisse la sensation presque incertaine d’avoir remué « quelque chose » de profondément enfoui sous la surface du quotidien. Cet enfant ébranle au plus intime, là où rôdent des ombres bâillonnées depuis l’enfance, là où grouillent, bien vivants, les sentiments troubles, peut-être inavoués, qui nous relient aux nôtres. Avec des mots simples, tellement simples, qui tranchent à même le cru de la vie des situations familiales, sans doute banales, et dénudent jusqu’à la chair les liens de la parentèle. L’amour, la culpabilité, le chantage, les peurs, les rancœurs refoulées, les espoirs, les reproches, la détresse… Toutes ces réalités inextricablement mêlées qui façonnent les relations entre parents et enfants surgissent au gré de séquences brèves où les tensions se condensent à l’extrême. Les personnages, à la fois durs et vulnérables, souvent égoïstes, maladroits, terriblement humains, se débattent avec leurs non-dits et leurs contradictions, leurs rêves de bonheur et leurs frustrations. Ils se débrouillent comme ils peuvent face aux problèmes de l’éducation, de la transmission, du rapport aux modèles du père et de la mère, face aux normes sociales de la famille idéale.

Une mise en scène de haute sobriété

Joël Pommerat a écrit cette pièce rude et poignante à partir de rencontres avec des femmes habitant dans des cités en Normandie, projet initié par la CAF du Calvados et le CDN de Caen. De leurs témoignages et des discussions avec les comédiens de la compagnie, il a tiré la matière âpre de saynètes qui mettent en jeu, sans jugement moral ni didactisme, l’individu aux prises avec ses attaches affectives, ses ratés relationnels et la souffrance ordinaire d’exister. Sur un plateau nu sculpté de clairs-obscurs, les acteurs disent ces paroles, ou les chuchotent, ou les expulsent, avec une émotion nouée vrillant tout le corps, comme pour mieux faire entendre la déflagration intérieure des mots. Tandis qu’une rengaine de bal populaire, dégrisée comme un petit matin gris, revient par bouffées depuis l’arrière-scène, les tableaux se succèdent, dessinant peu à peu les visages froissés d’une humanité fragile. Incarné mais économe en gestes, le jeu désamorce tout pathos et chauffe à blanc chaque situation. L’abstraction de la scénographie dégage en effet le texte d’un réalisme glauque et évite la redondance avec la crudité du réel qui n’en apparaît qu’avec plus de force et de complexité. Par la finesse, l’intensité et la sobriété de l’écriture scénique, Joël Pommerat et sa troupe échappent aux clichés sur la famille et touchent juste.

Gwénola David

par Cie Louis Brouillard publié dans : cet-enfant
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Vendredi 30 mars 2007

« Ecrire un spectacle sur le thème de la parentalité inspiré de la parole d’habitants d’une cité (à Hérouville St Clair), le représenter dans les centres sociaux-culturels de l’agglomération de Caen, spectacle devant favoriser un échange de paroles parmi le public… »

Voilà en résumé la commande qui m’a été formulée par Jean-Louis Cardi de la caisse d’Allocations Familiales du Calvados (relayé par Angelina Berforini et Patrick Boutigny du CDN de Normandie) il y a quatre ans.

J’ai d’abord pensé que ce projet représentait un piège pour un metteur en scène de théâtre. Mes intérêts ne pouvant se concilier avec ceux d’un professionnel du domaine social.

Il m’était impossible de m’engager à répondre à des attentes que j’imaginais nombreuses de la part d’une institution sociale.

Parti pour décevoir, j’ai peu à peu compris les intérêts possibles de ce travail : mélanger des individus autour de questions simples sur la société et sur l’existence en général, favoriser la discussion entre personnes d’un même quartier, entre des artistes et un public, mélanger des domaines n’ayant plus l’habitude de se côtoyer : le social, l’artistique.

Sortir des compartiments habituels (ou bien tous les réunir) : la soirée poésie, la réunion de quartier, l’assemblée politique, le groupe de paroles, le pot entre amis. Ramener du concret dans le théâtre. Je suis donc parti à la rencontre des habitants avec lesquels je m’étais engagé à dialoguer sur la question en forme d’abîme : « qu’est-ce qu’être parent aujourd’hui ?» 

Consacrer dix journées de sa vie à échanger avec des inconnus sur des sujets aussi essentiels que ceux qui touchent à la famille, à son rôle de parent, à sa propre histoire d’enfant, son origine, et ses responsabilités, c’est une expérience vraiment forte.


Je ne m’attendais pas à recueillir au cours de ce dialogue avec ce groupe de personnes (exclusivement des mères), une somme de témoignages aussi bouleversants parce que durs. Je ne m’attendais pas à ce que le désir de parole de ces femmes se révèle à ce point (et si rapidement) une véritable nécessité de parole.

Je ne m’attendais pas non plus à ce que la discussion, sans volonté particulière de ma part, s’oriente finalement sur l’histoire difficile de ces mères avec leurs propres origines parentales (alors que le sujet de départ dirigeait normalement la discussion sur leurs rapports de parents avec leurs propres enfants).

A partir de cet échange qui aurait pu déboucher sur des généralités sociales, historiques, économiques, j’ai donc écrit une série de textes sur les rapports entre enfants et parents, entre parents entre eux, en écho à tous ces témoignages reçus (plus qu’en écho, en hommage parfois) mesurant le prix de cette parole à laquelle il m’avait été donné d’avoir accès, ce qu’elle avait de précieux et d’humainement essentiel. Et c’est ainsi que tout naturellement la parole est devenue l’enjeu principal des personnages de ma pièce…

Dans mon écriture je n’ai pratiquement jamais repris directement une histoire qu’on m’avait racontée. Je me suis même inspiré d’une scène d’un autre auteur de théâtre Edward Bond.

Ma façon de rendre compte le plus justement de ces témoignages est passée par une recréation et même une réinvention de la réalité, le théâtre ne pouvant se comparer avec un document télévisuel.

Je ne crois pas q’une représentation théâtrale puisse modifier le cours de l’existence de quelqu’un mais il n’empêche que c’est à l’intention de certains spectateurs en particulier que j’ai écrit et mis en scène ce spectacle (la grande majorité de ces femmes que j’avais rencontré). J’ai pensé à quelqu’un qui aurait fini par se persuader que le bonheur parental était la norme, qu’il y aurait même quelque chose de honteux à n’avoir pas à rencontrer la perfection en matière de vie, en tant qu’enfant, en tant que parent. J’ai pensé à quelqu’un, un peu écrasé dans son silence, sa solitude, par notre «  meilleur des mondes », finissant par ne plus se croire un membre à part entière de la société des hommes, sa réalité de parent et son histoire familiale correspondant si peu à ces modèles idéaux qui servent très souvent de référence aujourd’hui … la mère idéale, le père idéal, l’enfant idéal, la famille idéale, toutes les vertus sublimes et les bons sentiments allant avec et qu’on risque finalement tous de prendre à un moment ou à un autre pour la réalité.

Joël Pommerat

Auteur-metteur en scène.


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Vendredi 30 mars 2007

Texte écrit par Marie Piemontese à l’occasion de la création

au Théâtre Paris-Villette en avril 2006.

 
 
A l'origine de "Cet enfant", il y a eu des rencontres avec des femmes de Normandie vivant en cité. C'était en 2002. Le projet avait été demandé par la CAF du Calvados et le CDN de Caen. Plusieurs jours durant, ces femmes, Joël Pommerat et nous, l'équipe de comédiens, nous avons échangé et réagi ensemble sur le thème de la parentalité.

Suite à ces rencontres, Joël Pommerat a écrit, à sa façon, sans jamais retranscrire une histoire directement racontée, mais plutôt en rêvant les déchirements de tous. "Cet enfant" est une suite de séquences imaginées de confrontations familiales, qui étirent à leur maximum les tensions ordinaires du lien parent-enfant. Chaque moment pose l'enjeu là où il est ultime. Les scènes font miroir. Elles disent tout haut l'étendue et la complexité du lien de filiation. Nous sommes troublés dans notre propre histoire, en parent que nous sommes peut-être, et en fils ou fille que nous sommes toujours.

Une première version de ce projet a tourné en janvier 2003 sous le tire « Qu’est-ce qu’on a fait ? » dans une dizaine de centres socio-culturels de l'agglomération de Caen. Avec des moyens de diffusion rudimentaires, ce moment de représentation servait de point de départ à un débat et par la suite à un travail de réflexion entre familles et travailleurs sociaux.

Aujourd'hui, nous pensons que ce qui s'est déroulé alors à l'état brut mérite d'être repris et prolongé, avec le souhait de donner une vraie dimension scénique à ce texte : pousser plus loin l'incarnation -le travail de fond que nous menons sur le jeu, sur les présences au plateau- et approfondir la réalisation d'ensemble -lumières, sons, scénographie, costumes, lien des séquences entre elles-. Nous poursuivons l'idée que les situations de "Cet enfant" peuvent être amenées à plus d'existence et plus d'ampleur que quand nous les avions abordées alors. C'est une vraie re-création. Ce sera même la première création de ce texte dans un théâtre, avec tout ce que cela comporte comme changements et nécessités nouvelles dans cet autre contexte de diffusion. 

 

                                                 Marie Piemontese

Comédienne de la compagnie Louis Brouillard

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Vendredi 23 mars 2007
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Jeudi 22 mars 2007
Une résidence aux Bouffes du Nord
LE MONDE | 21.03.07
© Le Monde.fr
Voici le lien pour lire l'article du Monde paru le 21 mars 2007.
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Mardi 13 mars 2007

La compagnie Louis Brouillard est heureuse de vous annoncer la reprise du spectacle Cet enfant de Joël Pommerat au Théâtre des Bouffes du Nord.

 

Ce spectacle qui a connu un gros succès au Théâtre Paris-Villette en 2006 a reçu le prix du Syndicat de la critique pour la meilleure création en langue française 2006.

 

Nous vous attendons nombreux entre le 21 mars et le 14 avril 2007 !

 

N’hésitez pas à laisser des commentaires et à diffuser l’adresse du blog pour qu’il vive !

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Mardi 13 mars 2007

CET ENFANT

Texte et mise en scène de Joël Pommerat

 

avec: Saadia Bentaïeb, Agnès Berthon, Lionel Codino, Ruth Olaizola, Jean-Claude Perrin, Marie Piemontese

 

Scénographie et lumière : Eric Soyer

Costumes: Isabelle Deffin

Recherche et réalisation de l’écriture sonore : François et Grégoire Leymarie

Accessoires : Thomas Ramon

Régie lumière : Renaud Fouquet

Régie son : Grégoire Leymarie

 

 

Création musicale et batterie Antonin Leymarie

Rémi Sciuto : sax, synthé, basses,

Boris Boublil : claviers, orgue, piano électrique

Fred Pallem : guitares, basse,

Aymeric Avice, Guillaume Dutrilleux : trompette

 

 

Ce spectacle a été créé au Théâtre Paris-Villette le 17 avril 2006

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